Le Bocage Libre
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07 Octobre 1999

Collection Léandre

Condé l'a achetée "deux fois son prix" !

Accusés le mercredi 22 septembre, par le président de l'Office de tourisme de Vire Claude Vilars, d'avoir laissé la ville de Condé-sur-Noireau acheter la collection Léandre rassemblée par M Buron, ancien pharmacien et maire de Champsecret (patrie du peintre) retiré à Montreil-Bellay, le maire-adjoint chargé des affaires culturelles Alain Vallée et la conservatrice du musée Yvonne Lelégard ont donné, à leur tour, une conférence de presse, lundi dernier 4 octobre.

Yvonne Lelégard reconnaît que cette collection qui se compose"essentiellement d'une douzaine d'huiles et d'autant de pastels",aurait eu sa place à Vire puisque son musée possède le fond d'atelier de l'artiste, autrement dit la cinquantaine d'oeuvres dont il n'a jamais voulu se défaire. Fond que le musée de Vire (ville où vécut la soeur de Léandre qui avait épousé un magistrat demeurant à Neuville) a acquis en 1968 et qui fait de lui le principal musée Léandre de Basse-Normandie, loin devant ceux de Caen, Flers, Alençon, etc.

De 10 à 3,9 millions

Avant les vacances, la ville de Vire s'est donc naturellement intéressée à cette affaire mais a été un peu refroidie en apprenant que M Buron voulait 10 millions de francs de sa collection. Elle a demandé l'avis de spécialistes qui ont logiquement souhaité une expertise. Mais, entre temps, en juillet, on a appris que la ville de Condé-sur-Noireau avait acheté cette collection 3,9 millions dont un tiers à la charge de la ville, un tiers à la charge du département et un tiers à la charge de la région. Alain Vallée a précisé à ce sujet : "Fin août, il a été ajouté que la Direction régionale des affaires culturelles financerait cet achat à hauteur d'un quart. Alors que d'un autre côté, nous apprenions que, jamais, le conseil général et le conseil régional n'avaient étudié ce dossier". Alain Vallée, appuyée par Yvonne Lelégard a poursuivi : "Il s'avère que la collection Buron ne vaut pas 3,9 millions de francs. François Arnaud, directeur des musées à la DRAC, refuse d'ailleurs de participer au financement de cet achat à ce prix-là. D'autant plus que nombre d'oeuvres de la collection sont à restaurer et que la DRAC ne souhaite travailler qu'avec des musées et des conservateurs alors que Condé n'a ni l'un, ni l'autre."

Les titres !

L'adjoint à la culture virois a enfoncé le clou : "Nous avons joué la prudence. Il s'agit des deniers publics. J'imagine les titres de la presse si nous avions acheté cette collection deux fois son prix ! C'est ce qui explique, sans doute, que tous les musées qui étaient sur les rangs ont été pris de court par le plus offrant qui a été la ville de Condé." Yvonne Lelégard a précisé : "Finalement, pour l'heure, cette collection n'a été évaluée que par son propriétaire qui considère parce qu'il l'a connu, qu'un seul peintre, en l'occurence Charles Léandre, a existé depuis la mort de Léonard de Vinci. Les oeuvres de Léandre qui passent au feu des enchères ne font d'ailleurs pas de bien grosses sommes. Sa cote n'est pas énorme."

 

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